L’ histoire de Gibson

Orville Gibson :

Orville Gibson

Orville Gibson

Orville Gibson est né en 1856, à Chateaugay dans l’état de New York.
Dès son enfance, il se trouve deux passions. La lutherie et le travail du bois ainsi que l’apprentissage de la mandoline et de la guitare.
En 1880, alors qu’il a 24 ans, Orville Gibson s’installe dans la ville de Kalamazoo dans le Michigan. En 1896 il ouvre son premier commerce spécialisé dans la mandoline tout en proposant quelques modèles de guitares acoustiques.

Tandis que son commerce grandissait et gagnait en succès, il s’entoure petit à petit d’une équipe de luthiers et de vendeurs.
Il s’inspira de la lutherie des violons tout en y ajoutant ses propres idées pour créer ses premières mandolines aux tables et dos ciselés et avec les tables d’harmonie creusées dans des blocs de bois relativement épais. Il en ressorti des instruments aux qualités acoustique grandement améliorées.
Il déposa donc rapidement un brevet sur la construction de ces mandolines. Ce premier et unique brevet de sa vie fut déposé le 11 mai 1896 et fut publié le 1er février 1898.

Au fils des années sa petite entreprise connu le succès notamment grâce à la qualité de ses instruments. Ce succès arriva aux oreilles de riches investisseurs qui voyaient là un bon moyen de capitaliser sur le talent d’Orville. Ce dernier s’associe donc en 1902 à cinq hommes d’affaires pour créer Gibson Mandolin-Guitar Manufacturing Co., Limited.

Les termes de cette association ne sont pas clairs, à part le fait que curieusement le nom d’Orville n’a pas été répertorié comme un membre du partenariat et que Orville accepta de vendre les droits exclusifs du brevet pour la somme de 2 500$ (soit environs l’équivalent de 250 000$ aujourd’hui).
En 1908, Orville percevait une redevance annuelle de 500 $ (ce qui équivaut à une valeur d’environ  50 000 $, aujourd’hui).

Mais Orville qui était déjà une personne trouble et instable vit sa santé se dégrader et différents rapports médicaux indiquent qu’il souffrait d’une maladie chronique et peut être d’une maladie mentale. Il fit plusieurs séjour à l’hôpital de Kalamazoo notamment en 1907 et 1909.
Orville quitta la firme en 1909. L’histoire ne nous dit pas si ce départ est dû à ces problèmes mentaux où si Orville s’est lassé de ce métier en raison d’une production de masse qui minimisa l’importance de son travail.

À son départ il partit s’installer à Ogdensburg, dans l’État de New York et y fut à nouveau hospitalisé en 1911 et en 1916.
Il mourut finalement d’un Endocardite le 21 aout 1918, à l’age de 62 ans au St. Lawrence State Hospital, un établissement psychiatrique de l’État de New York.
Il fut enterré le 22 aout 1918. Son certificat de décès porte la mention « musicien ».

Gibson Kalamazoo

L’usine Gibson de Kalamazoo

En juillet 1917 l’entreprise déménage pour installer ses nouveaux bâtiments au 225, Parsons Street à Kalamazoo. C’est à cette adresse mythique que furent produit les instruments pendant de nombreuses années.
Après la première guerre mondiale, la mode commença a changer et la popularité de la mandoline diminua, laissant place au banjo et, à un degré moindre, à la guitare.
C’est ainsi que les premiers banjos Gibson virent le jour en 1918. Par la suite, la marque changera de nom pour « Gibson Inc », abandonnant ainsi le terme « mandolin » présent initialement.

Lloyd A. Loar :

Gibson L-5

Gibson L-5 de 1924

En 1919 Gibson embauche celui qui marquera l’histoire de la guitare, Lloyd A. Loar.
Née en 1886, il fut ingénieur, musicien, auteur, compositeur, professeur… Lloyd A. Loar touchait à tout et avec brio.
Il en était de même pour son travail chez Gibson : conception, production, réparation, responsable des achats…
Il fut notamment un grand artisan de la série « Master Model » qui comprend entre autre la mandoline F-5, le mandoloncelle K-5, la Mandole H-5 et surtout la guitare L-5.
Produite pour la première fois en 1922, la L-5, première guitare avec des ouies en f, est une des plus grande réussite en matière de guitare acoustique.

En 1924 à l’aube de l’amplification électronique, Lloyd A. Loar fit quelques expérimentations sur des instruments électriques.
Mais Il était trop en avance sur son temps et ses expérimentation donnèrent lieu à des désaccords avec les dirigeants et notamment Guy Hart, secrétaire et directeur général à l’époque. Il quitta donc la société cette même année.

En plus de la Gibson L-5, le début des années 1920 est marquée par l’arrivée d’une invention capitale dans le développement de la guitare : le Truss-Rod.
Inventé et breveté en 1921 par Thaddeus J. McHugh il s’agit d’une barre de réglage métallique traversant le manche et servant à ajuster la courbure de celui ci, tout en le stabilisant et en réduisant son épaisseur.
Pour donner une idée de l’importance de cette invention, le truss rod est aujourd’hui encore très utilisé dans la conception de guitares de toute marque (le brevet étant depuis tombé dans le domaine public).

Truss Rod Les Paul Jr.

Truss Rod d’une Les Paul Jr.

 

La guitare électrique :

C’est à partir de 1930 que la guitare commença à devenir plus populaire que le banjo et la mandoline et que Gibson décida de se concentrer sur ce nouveau marché en plein effervescence.
Un peu plus tard, Gibson reprit les travaux de Lloyd A. Loar de l’époque pour produire en 1935 ses premières guitares électriques.
En 1935 Walt Fuller conçut un micro qui fut introduit sur la E-150 une guitare lap steel avec un corps en aluminium.
Plus tard, en 1936, le micro fut installé sur un modèle archtop nommée ES-150. ES pour Electric Spanish et 150 en référence à son prix de 150$ avec un amplificateur EH-150, premier amplificateur Gibson fabriqué par Lyon & Healy.

Charlie Christian

Charlie Christian

Le micro à barrette de la ES-150 est connu sous le nom de « Charlie Christian » car il étaiit installé sur les ES-150s et ES-250S que le célèbre musicien Charlie Christian utilisait.
Gibson apporta de nombreuses améliorations dans la conception des micros avant la 2eme guerre mondial, si bien que beaucoup de guitaristes considèrent encore le micro Christian comme le meilleur micro de jazz qui fut construit.

Gibson continua la production de guitares acoustiques et de guitares électriques. Mais malheureusement, le bon rythme qu’ils avaient installé fut arrêté par la seconde guerre mondial. En 1942 la quasi totalité de la production sera stoppée.
Avant que la production ne reprenne, Chicago Musical Instrument (C.M.I) prit le contrôle de Gibson et installa le service des ventes à Chicago, laissant à l’usine de Kalamazoo l’unique rôle de fabrication et de création.

À la fin de la guerre, la demande de guitares est à son apogée, et Gibson reprit la production fin 1945.
Peu de temps après, en 1946, Gibson introduisit le fameux micro simple bobinage P-90 qui est toujours produit équipa notamment l’ES-5, première guitare électrique à trois micros.
La production de guitares acoustiques reprend également, et dans un autre domaine, les premiers amplis fabriqués directement par Gibson à Kalamazoo voient le jour. Il s’agit des amplis BR-1, BR-2, BR-3 et BR-4.

L’époque Mc Carty, l’age d’or :

Pub Gibson Les Paul 1952

Pub de 1952 pour la Gibson Les Paul

En 1950 Guy Hart, directeur général prend sa retraite et est remplacé par Theodore M. Mc Carty.Peu de temps après, l’année 1952 sera marquée de l’arrivée d’une des guitares les plus fameuse de tous les temps, la Gibson Les Paul. Son nom venant de la collaboration de Gibson et du musicien Lester William Polfuss. Bien que sa contribution fut peu importante, il laissa son nom à cette guitare légendaire.

L’année 1953 marque elle aussi une mini révolution puisque cette année là sera produit la première basse électrique en forme de violon, la Gibson EB-1 (EB pour Electric Bass).

En 1954, la popularité croissante de la Les Paul poussa Gibson à étendre la gamme. Dans le haut de gamme, la Les Paul Custom arborait une finition ébène et un manche à rayon plus long, tandis que pour un prix plus abordable on trouvait la Les Paul Jr. à corps plat avec un micro simple bobinage. Cette guitare est devenue la plus vendue des années 1950.
Cette même année, Gibson améliora le chevalet et le cordier en faisant breveter le tune-o-matic.

Gibson Les Paul 1952

Réédition de la Gibson Les Paul de 1952

Encore une année phare en 1957. Gibson invente et fait breveter le micro double bobinage Humbucker que l’on retrouve si souvent aujourd’hui sur toutes les marques de guitare.
Ce micro inventé par l’ingénieur de chez Gibson Seth Lover, équipa les Les Paul Standard et Custom en 1957 et fit le son rock and roll dans les années 1960.
C’est aussi cette année la que C.M.I rachète Epiphone.

Gibson & Epiphone :
Epiphone fabrique des instruments de grande qualité et est un des principaux concurrent de Gibson.
En 1943, à la mort d’Epaminondas Stathopoulos, le fondateur de la marque, son petit frère Orphie reprendra la gestion de l’entreprise. Mais il n’arrive pas à gérer l’entreprise et celle ci commença à décliner. Gibson en profita pour racheter l’affaire en 1957  pour 20 000 $.
Les premières guitares Epiphone « made by » Gibson sont tout d’abord produites dans l’usine de Kalamazoo, avec la gamme Gibson.
Ce n’est qu’à partir de 1969 que les guitares Epiphone seront réalisées au Japon.

Les temps modernes :

Mais revenons un petit peu en arrière, en 1958, juste après le rachat d’Epiphone.
Cette année est une des années les plus importante de Gibson. C’est cette année que Gibson mis au point une innovation très importante.
Le président  Ted McCarty combina le look d’une guitare archtop avec des ouies en f avec les performances d’une solid body. Il s’agit d’un type de guitare complétement nouveau, la semi-hollowbody ES-335.
McCarty dessina également 2 guitares au look radicalement moderne de type solidbody : la Gibson Flying V et la Gibson Explorer. Mais ces guitares étant beaucoup trop en avance sur leur temps ne rencontrèrent qu’un faible succès et furent retirées du marché en 1959.
Du côté de la Les Paul, la couleur fut changé pour du Cherry Sunburst pour remplacer la toute première série, la Les Paul GoldTop.
Le nom du modèle a été changé pour Les Paul Standard et les sunburst Standard de 1958-60 deviendront quelques-uns des plus précieux objets de collection dans le monde de la guitare.
Tout cela s’est passé en 1958.

Gibson SG Les Paul 1961

Gibson SG Les Paul de 1961

L’année 1961 verra la naissance d’une autre guitare bien connue, la Gibson SG.
Sortie sous le nom de Gibson Les Paul SG, elle devait à la base remplacer la Gibson Les Paul dont les ventes commençaient à s’essouffler. Mais Lester William Polfuss ne voulait pas voir son nom associé à cette nouvelle guitare et elle devint donc la Gibson SG lorsque le contrat de Lester prit fin en 1963.

Les innovations de Gibson continuèrent quand Ted McCarty embaucha le légendaire designer Ray Dietrich qui travaillait dans l’industrie automobile pour dessiner de nouvelles guitares. Le résultat est la Firebird et la basse Thunderbird en 1963.
La firebird repoussait les conventions du design avec ses cornes allongées. Elle introduisit aussi les manches conducteurs et des micros plus petits, les mini humbucker.

En 1965 Ted Mc Carty et John Huis donnent leur démission. ils se consacreront à une petite entreprise d’accessoires qu’ils viennent de racheter à Paul Bigsby.
Cette démission marque la fin d’une époque. En effet, de 1950 à 1966, Mc Carty aura fait augmenter les ventes Gibson de 1250%.

En 1966, la production de la Flying V reprend car les styles musicaux ont commencés à rattraper ces guitares qui étaient en avance sur leur temps. La production de la Gibson Explorer reprendra elle en 1976.
Tout comme pour la Flying V, la production de la Gibons Les Paul reprendra en 1968, en réponse à une demande de Les Paul du style des années 1950.
Un nouveau modèle, la Les Paul Deluxe avec des mini humbucker apparut en 1969.

L’époque NORLIN :

Au mois de décembre 1969 E.C.I Industries Inc. prend le contrôle de C.M.I et détient plus de 90% du capital.
Gibson Inc reste pour le public sous le contrôle de C.M.I jusqu’en 1974 environ, date à laquelle apparaîtra le nom de «NORLIN».
Norlin est la contraction de H. Norton Stevens, président de E.C.L. Indusries Inc, et de Maurice H. Berlin, président de C.M.I.
Gibson est maintenant une filiale de Norlin Musical instruments elle-même membre du groupe Norlin Industries.
Norlin Industries diversifie ses activités en dehors des instruments de musique. Ils sont également sur le marché des cristaux à quartz, d’équipement en tungstène et même de la bière.
En 1978, le groupe réalise un chiffre d’affaire supérieur à 1 milliard de francs. Ils donnent une impulsion nouvelle à Gibson qui pourra commercialiser beaucoup plus de modèles à partir de 1972.

Gibson Nashville

Siège social de Gibson à Nashville

Les usines Gibson s’agrandissent en 1974 avec la construction d’une nouvelle usine à Nashville au Tennessee.
Celle ci sera tout d’abord destinée à la fabrication de guitares acoustiques avant de s’étendre à l’ensemble de la gamme.
Celle de Kalamazoo servira de complément à celle de Nashville en fonction de la demande.
Mais elle ne survivra pas encore bien longtemps et une page se tourne en 1984 avec la fermeture du site de Kalamazoo. Nashville deviendra le siège de Gibson.

L’après NORLIN :

En 1986 Norlin ne croit plus tellement au marché de la musique. Il décide de vendre et Gibson est racheté par un groupe représenté par Henry Juszkiewicz et David Berryman.
En 1990, Gibson fait construire une nouvelle usine dédiée au instruments acoustiques à Bozeman dans le Montana où le climat sec est idéal.
Cette même année sortira la Gibson Les Paul Classic.

La dernière révolution de Gibson date de 2007. En association avec Tronical, Gibson produit les modèles Robot Guitar. Équipée de servomoteurs, la guitare s’accorde toute seule en fonction du choix de l’utilisateur.

Gibson est aujourd’hui un des leader dans le monde de la guitare et possède de nombreuses filiales comme Epiphone, Kramer, Valley Arts, Steinberger…
Depuis plus de cent ans Gibson n’a cessé de s’agrandir, de se renouveler et de révolutionner le monde de la guitare.
En plus de 50 ans de Les Paul, Gibson créa plus de 100 modèles différents.